Only Lovers Left Alive, réalisé par Jim Jarmush, avec Tilda Swinton, Tom Hiddleston, Mia Wasikowska, John Hurt (2h03min)
Synopsis
Adam et Eve, couple de vampires, mènent une vie partagée entre Tanger et Détroit. Tandis qu'Eve cherche à les approvisionner en sang humain trouvé dans les hôpitaux, Adam se morfond en composant de la musique dans une vieille demeure de Détroit. Le jour où Ava - petite sœur d'Eve - les rejoint, la vie des deux amants devient perturbée...
La critique de Powell
Comment (sur)vivre face à l'immortalité? Telle est l’interrogation principale du nouveau film de Jim Jarmush, un peu comme dans l’immense Broken Flowers - une décennie auparavant où Bill Muray, déprimé, retraçait sa vie en cherchant ses anciens amours - ou encore dans le très moyen Limits of Control.
Ici, pas d’homme dépressif mais des vampires. C’est la grande idée du film, ils ont tout vécu, connaissent tout. Adam, musicien (dépressif) depuis plusieurs siècles, ami de Schubert et Byron, aujourd'hui rocker reclus dans une vieille bâtisse de Détroit, las de sa trop longue vie. Comme dans la Bible, Adam aime Eve, vampire elle aussi. Eve, c’est Tilda Swinton, sublime dans les rues de Tanger, sublime dans les décors vides de Détroit. Inquiète pour Adam le suicidaire, aux mauvaise fréquentations. Ces vampires-là ne tuent pas, ils se fondent dans la masse et boivent du sang trouvé dans les hôpitaux.
Jarmush revient aux fondamentaux du vampire. Exit Twilight, True Blood et tous ces buveurs de sang modernes. Adam et Eve eux sont pâles, aiment la littérature, restant ancrés dans un passé qu'ils considèrent meilleur. Ils fréquentent Marlowe (John Hurt, parfait), toujours resté dans l’ombre de Shakespeare. Au milieu de la déprime d’Adam (Tom Hiddleston, toujours juste), apparaît Ava, sœur d’Eve, pétillante petite vampire, turbulente et inadaptée au XXIe siècle. D'une beauté plastique inouïe, le film progresse lentement, mais on ne s’ennuie jamais, captivés par ses deux immenses acteurs mais aussi par leur histoire et leurs vies antérieures, le tout porté par une BO envoûtante signée Joseph Van Wissem et Sqürl (le groupe de Jim Jarmush).

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